Benjamin Orcajada : Telluriques

Le tableau est un monde en soi. Les amateurs qui ne cessent de l'explorer le savent bien. Et j'ai le pressentiment que ce monde qui se révèle à nous est de l'ordre de quelque chose d'absolument fondamental.

Tout aussi fondamental est notre ancrage sur ce que les anciens nommaient " La Terre Mère". C'est en elle que les peintres, comme tous les hommes, puisent ce qui les fait vivre, le bonheur d'une appartenance à ce qui les porte.

Concrètement, je trouve donc des modèles de composition dans l'étude des structures géologiques, des mouvements terrestres.

Il s'agit alors moins de copier (c'est impossible) mais de tirer enseignement. L'observation de ces équilibres de forces contraires, de ces dynamismes d'énergies à l'œuvre dans l'infrastructure matérielle des éléments permet ensuite, en parallèle, de créer des toiles car il y a aussi une matière propre à la peinture avec ses qualités et ses évolutions internes.

C'est cette célébration du monde qui trouve son expression dans la série des «Telluriques» où s'embrassent l'eau et la terre, où la force et l'énergie explosive des éléments s'irradie dans des structures en gestation et dans de nouveaux paysages.